De juin à octobre, la migration annuelle des baleines à bosse les conduit à passer devant Ifaty. De la fin juin à la mi-septembre, et plus particulièrement de la mi-juillet à la fin août, alors qu'elles sont les plus nombreuses et que nos chances d'en voir sont quasi de 100%, nous sortons à leur rencontre pour passer sur l'eau quelques grands moments d'émotion en leur compagnie .


Baleines à bosse à Ifaty
Baleines à bosse à Ifaty
Les photos des baleines

La migration

A l'approche de l'hiver austral, les baleines à bosse quittent chaque année les hautes latitudes polaires de l'Antarctique, où elles ont passé l'été à se nourrir, pour gagner les eaux tropicales chaudes, moins favorables à leur alimentation mais propices à la reproduction et aux premières semaines de la vie du baleineau. Elles rayonnent autour de l'Antarctique et remontent vers le nord le long de tous les continents. Celles qui arrivent au sud de Madagascar se divisent en deux groupes qui passeront l'un à l'est - vers l'île Ste-Marie et la baie d'Antongil - l'autre à l'ouest - vers les Comores sans doute. C'est ce dernier groupe que nous observons à Ifaty.
A la fin de l'hiver, elles suivront en sens inverse la même route pour redescendre vers le sud, avec les baleineaux nouvellement nés et ceux en gestation qui naîtront l'hiver suivant.

L'observation

Observation des baleines à Ifaty
Observation des baleines

Pendant la saison, il suffit de sortir du lagon et de chercher les souffles. Parfois tout près de la barrière de corail, parfois plus au large, un jour au nord, l'autre au sud, et certains jours : partout. Par groupes de deux, trois, cinq, dix parfois, ou alors solitaires, elles sont là. Pressées ou flâneuses, ou d'humeur joueuse. Mâles en vadrouille ou en compétition, jeunes adultes qui roulent les épaules, mères protectrices, baleineaux qui découvrent le monde... Deux individus qui savent où ils vont et tracent énergiquement leur route, laissant admirer leur 'bosse', ou leurs nageoires caudales lorsqu'ils sondent, disparaissant alors pour de longues minutes. Une mère qui paresse à la surface avec son 'petit', frappant la surface de sa nageoire caudale puis tournant sur elle-même. Ou lui enseignant, dans de majestueuses gerbes d'écume, l'art du saut.

Cetamada

Baleines joueuses à Ifaty
baleines joueuses
Partenaires de CétaMada, nous souscrivons à la charte d'observation des mammifères marins qu'ils ont éditée.

Pendant la traversée du lagon, un ou une jeune écoguide, formé par leurs soins à Sainte-Marie, vous présente en un court briefing les objectifs de la sortie, les particularités et les différences des baleines à bosse et des autres mammifères marins, et la technique d'approche que nous allons utiliser. Dès la barrière de corail passée, nous cherchons les souffles. Les baleines qui viennent de mettre bas restent volontiers près du récif et des passes, où elles pourront plus efficacement protéger leurs baleineaux des grands prédateurs du large. Les groupes en activité se trouvent souvent plus loin. Les solitaires, ou les paires, un peu partout...

Après une approche graduée, très lente et prudente dans les derniers cinq cents mètres, nous nous maintenons à cent mètres, à deux cents s'il y a un baleineau.

Si elles sont immobiles ou se déplacent doucement et nous le permettent, nous coupons les moteurs. Les baleines sont curieuses autant que leurs observateurs. Si elles veulent venir, elles viendront... Tâchons d'être là, tant qu'à faire, pour leur bon plaisir autant qu'elles pour le nôtre.

Elles peuvent s'approcher et fôlatrer autour du bateau, passer en-dessous, nous frôler, s'éloigner légèrement et sembler nous ignorer; sonder à la verticale du bateau; chanter sous le bateau - et alors, exceptionnellement, la coque pourra amplifier le chant, qu'on croira descendre du ciel; surgir à trente mètres, nous saluer de quelques galipettes et s'en aller - Merci ma bonne dame, merci mon jésus, merci ma bonne dame, je vous ai assez vus!

Elles peuvent aussi, toutes à leurs amours, nous ignorer royalement, poursuivre leurs jeux, leurs sauts, leurs frappes, leurs ébats sans un regard pour les petits bateaux et les petites personnes dedans qui les observent, émerveillées.

Elles peuvent aussi, c'est le cas de figure le plus décevant, sonder de longues minutes, réapparaître où on ne les attend pas pour un souffle ou deux, un dos, une caudale et parfois même pas, et replonger pour de très très longues minutes...

Dans tous les cas, la durée d'observation maximale est de une heure pour un groupe d'adultes, et de trente minutes pour une mère et son baleineau.


Pour ajouter au plaisir de la sortie, il est fréquent de croiser, à cette époque de l'année, de grandes troupes de dauphins, de grampus, de globicéphales tropicaux, plus rarement de faux orques, ou même des vrais...



Et les chants des mâles accompagnent souvent nos plongées...